Sarre

Wasserfall

wasserfall

Avant de clore la saison estivale, hier, nous avions décidé de faire une virée chez notre voisin allemand et de visiter la vallée de la Sarre, rivière qui prend sa source dans les Vosges pour confluer avec la Moselle à Kons, derrière bourgade au Luxembourg. Le périple sarrois commençait par la traversée du pont sur la Sarre à hauteur de Mettlach, ville qui accueille le siège social de la société Villeroy et Boch  dans une ancienne abbaye et présente ses créations dans un centre de découverte. Cette société existe depuis 1748. Depuis ce lieu, et longeant la belle vallée encaissée de la Sarre, notre voiture nous déposait à Saarbourg, 7083 âmes, dans le Land de Rhénanie-Palatinat. A ne pas confondre avec Sarrebourg, également au bord de la Sarre mais en amont et en France, malgré que toutefois, les deux villes soient jumelées. L’attrait de cette ville médiévale, réside dans le spectacle naturel et merveilleux de la chute d’eau impressionnante, d’une hauteur de 20 mètres de hauteur, alimentée par le ruisseau du nom de Leuk en plein centre-ville. Wassefall der Leuk lit-on sur l’historique de la ville. La cascade dévale la falaise pour venir actionner les roues de moulins dans le caisson de la vallée et alimente ensuite la Sarre. Quand j’entends wasserfall, je traduis Rimbaud et je me rappelle ce verset du poème en prose Aube du recueil Illuminations : « Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse. »

Rimbaud se nourrissait de dictionnaires et de la grammaire. Pour mener son invention d’une langue neuve et son projet de voyance, ceux-ci lui offraient des raretés. Il y trouvait des mots scientifiques, érotiques, argotiques, ardennais, il empruntait à l’anglais, à l’allemand. Ainsi ce « Wasserfall » qui me réjouit toujours.

Arthur Rimbaud constitue le  wasserfall blond comme une image métaphorique de la liquidité de la lumière dont l’adjectif donne une personnalisation qui se poursuit avec s’échevela pour s’achever avec déesse. Déesse où l’on reconnaît Isis et son voile symbolisant la dissimulation de la nature. Le poème dit André Guyaux veut éterniser le moment insaisissable de la fuite de l’aube.

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