Erckmann et Chatrian

Tour de France

sculpture de Monique Mol - Jean et Christophe

« Jean et Christophe », sculpture de Monique Mol, ici à Sarrebourg, été 2016, nous rappelle « André et Julien »

Nos pas nous conduisent jusqu’à aux confins de la Moselle, à Phalsbourg, ville fondée en 1570 par le comte palatin Georges-Jean de Veldenz. Citadelle sous Vauban dont les deux portes, celle d’Allemagne et de France ouvrent respectivement à l’est et à l’ouest, Phalsbourg constitue un lieu chargé d’histoires.

 L’Eclatante Victoire de Sarrebrück d’Arthur Rimbaud parodie l’escarmouche dont Badinguet se targuait alors. On connaît la suite : le rouleau compresseur prussien envahit la France et gagne toutes les batailles, Sedan puis Metz. Toutes les places fortes sont assiégées, Phalsbourg vivait là son troisième siège au cours du XIXe siècle et puis ce fut le rattachement de l’Alsace et de la Moselle à l’Etat allemand. L’histoire de cette ville laisse des personnages célèbres comme Lobau, maréchal de France et pour la littérature, le natif du lieu Emile Erckmann, fameux duettiste avec Alexandre Chatrian dont L’Ami Fritz reste le marqueur.

Cependant deux enfants, André et Julien, quatorze et sept ans, quittent clandestinement Phalsbourg par la Porte de France, « par un épais brouillard du mois de septembre ». L’odyssée des deux frères les mène à travers la France. C’est là le roman écrit par G.Bruno, pseudonyme d’Augustine Fouillée : Le Tour de la France par deux enfants qui dit son attachement à son pays la France en cette période d’annexion. Le livre, paru à huit millions et quatre cent mille exemplaires, permit aux instituteurs de la IIIe République d’enseigner aux écoliers l’histoire, la géographie, les leçons de choses et la morale.

A l’heure de l’encombrement des dogmes pédagogiques et des idées floues, ne serait-il pas judicieux de faire revivre ce roman auprès de nos chères têtes blondes, brunes et rousses ? Qu’en pensent nos précepteurs ?

Publicités