Chroniques mosellanes

IL

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« Le livre en hiver » tenait salon à l’hôtel de ville de Metz, ce second samedi de janvier. J’y retrouvais par hasard, parmi les écrivains régionaux, Arielle Scangeli dont j’avais lu le livre Pour vous il fera de même. C’est ainsi d’ailleurs que s’achève sa réflexion ; rien d’énigmatique en ceci qu’Il n’est autre que le Christ, Dieu et Saint-Esprit qu’elle cherche et trouve dans le quotidien de sa vie. Elle nous invite dans sa méthode, à travers des versets choisis de la Bible, table de sa foi, à relire notre propre vie comme elle le fait elle-même. Y passe son interrogation sur les élans que porte son tempérament et le domptage qu’elle en fait, comme la colère ou la bienveillance. Elle met en exergue ses souffrances, ses douleurs mais également ses joies et son bonheur de trouver auprès de son sauveur l’espérance qui la tient debout parmi les hommes.

Arielle, enseignante, une femme ordinaire, comme elle se présente, laisse transparaître la notion de l’humble membre de cette multitude. Elle nous fait part de sa découverte de Dieu avec qui elle converse au moyen de la prière. Elle présente les signes visibles que le Seigneur lui propose dans le courant de ses jours et dont elle se saisit sur le vif ou en fait la relecture à l’aide de versets. Pour l’exemple, le message « Aimez-vous les uns, les autres » pour réaliser un mode de paix et d’amour prend son sens à travers la malveillance d’un professeur qui la traite plus bas que terre mais à qui elle dit bonjour, à qui elle sourit et qui baissant les armes, fera d’elle des éloges. Quelle belle application, alors !

Elle rappelle le tumulte de nos pensées faites d’émotions, de raison et d’instinct qui régissent nos actions bonnes ou mauvaises. Et l’exemple précédent montre que prévaut la bienveillance plutôt que la guerre qui elle laisse des morts et des douleurs sur le carreau. On la voit tourner vers ses prochains une compassion, un regard bienveillant. Arielle Scangeli puise sa force dans le message d’amour du Christ et tente modestement de mettre en œuvre la Bonne Nouvelle.

Son livre est à la hauteur de sa ferveur, simple, concrète, sûre et profonde. Voilà un exercice démontré auquel chacun de nous peut se livrer dans le fond de son cœur, à l’aune de la Bible.

Pour vous il fera de même, Les Editions Persée, 2012, http://www.editions-persee.fr

 

 

 

 

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Tour de France

sculpture de Monique Mol - Jean et Christophe

« Jean et Christophe », sculpture de Monique Mol, ici à Sarrebourg, été 2016, nous rappelle « André et Julien »

Nos pas nous conduisent jusqu’à aux confins de la Moselle, à Phalsbourg, ville fondée en 1570 par le comte palatin Georges-Jean de Veldenz. Citadelle sous Vauban dont les deux portes, celle d’Allemagne et de France ouvrent respectivement à l’est et à l’ouest, Phalsbourg constitue un lieu chargé d’histoires.

 L’Eclatante Victoire de Sarrebrück d’Arthur Rimbaud parodie l’escarmouche dont Badinguet se targuait alors. On connaît la suite : le rouleau compresseur prussien envahit la France et gagne toutes les batailles, Sedan puis Metz. Toutes les places fortes sont assiégées, Phalsbourg vivait là son troisième siège au cours du XIXe siècle et puis ce fut le rattachement de l’Alsace et de la Moselle à l’Etat allemand. L’histoire de cette ville laisse des personnages célèbres comme Lobau, maréchal de France et pour la littérature, le natif du lieu Emile Erckmann, fameux duettiste avec Alexandre Chatrian dont L’Ami Fritz reste le marqueur.

Cependant deux enfants, André et Julien, quatorze et sept ans, quittent clandestinement Phalsbourg par la Porte de France, « par un épais brouillard du mois de septembre ». L’odyssée des deux frères les mène à travers la France. C’est là le roman écrit par G.Bruno, pseudonyme d’Augustine Fouillée : Le Tour de la France par deux enfants qui dit son attachement à son pays la France en cette période d’annexion. Le livre, paru à huit millions et quatre cent mille exemplaires, permit aux instituteurs de la IIIe République d’enseigner aux écoliers l’histoire, la géographie, les leçons de choses et la morale.

A l’heure de l’encombrement des dogmes pédagogiques et des idées floues, ne serait-il pas judicieux de faire revivre ce roman auprès de nos chères têtes blondes, brunes et rousses ? Qu’en pensent nos précepteurs ?

Ecume

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Sous une bannière jaune, couleur du fruit d’or et de la pierre qui caractérise la ville, les messins sont invités dans un faux élan démocratique à budgéter les dépenses de bancs et de plantes vertes. Ça donne l’apparence d’une participation citoyenne mais à l’arrivée c’est l’bourgmestre qui tire les marrons du feu. Belle campagne de publicité qui soigne l’image d’un maire bonisseur qui ferait mieux de maintenir la présence du cinéma Caméo  Ariel au lieu de se vendre à Kinépolis et de maintenir le pavillon lorrain sur sa mairie.

Tous les projets, déjà, peuvent se discuter dans les quartiers sans tout ce tapage visuel démagogique. Cela vaut pour son successeur qui devra déployer un concours financier de même nature pour être à la hauteur du Dominique…

La prétention du premier messin ne serait-elle pas de faire les choses avec un peu plus d’humilité ?

Qu’en pensent les messins ?

 

Chut!

drapeaux mairie metzQuand on regarde l’hôtel de ville de Metz, on observe concrètement que le premier jour de l’année deux mille seize a mis fin à une identité assortie d’une longue histoire.

Voyons sur sa façade, sous les fenêtres, juste en dessous de la devise républicaine, Liberté, Egalité, Fraternité, il a disparu à toute vitesse et en silence ! Chut !!!!!

Comptons de gauche à droite, un, deux, trois, quatre, cinq ! Cinq baudriers : le premier porte, fier, celui de nos trois couleurs de France, le bleu, le blanc et le rouge puis un vide, un absent, ensuite l’étendard messin, noir et blanc puis la bannière bleue étoilée et le cinquième, de nouveau, le pavillon patriotique.

Le second aurait-il chu ? Que s’est-il passé ? Le drapeau lorrain dont le blasonnement est « d’or, à la bande de gueules, chargée de trois alérions d’argent » n’est plus, comme sa région dont on doit faire le deuil. Qu’importe que depuis 511, on parle de l’Austrasie, il vaut mieux chanter avec les nouvelles sirènes, sonnantes et trébuchantes, car c’est au nom des sous que l’on raye d’un trait l’histoire et l’avenir. Ce seront des économies, dit-on ! On verra, pour le moment cela n’en prend pas le chemin et n’a pas été démontré. Comme toutes les décisions qui sont le fruit blet d’un monarque peu éclairé et de ses vassaux. Les seigneurs de la guerre ont pris le contrepied tout en sachant qu’ils seraient tous au rendez-vous dans la cour ! Mais où est donc le fou du Roi ?

Alérion, c’est l’anagramme de LOREINA, l’ancienne orthographe de Lorraine, peut-on y voir l’espoir d’un envol prochain ?

Qu’en pensent Paul Verlaine et Maurice Barrès ?

 

De Faasenaacht

EPSON MFP image

Waldwisse – Birigen

Waldwisse et Biringen vivent ce dimanche une cavalcade transfrontalière. A travers les rues de Waldwisse, la parade costumée s’engagera sur la route jusqu’à Birigen qui accueillera les carnavaleux dans la salle communale pour y déguster les fameux Faasekiischle (beignets de carnaval). Cette tradition guidée par une association binationale se fait valoir depuis seize ans.

Préambule au Mardi gras qui sonne l’apothéose des Sept jours gras, période festive suivie du Mercredi des Cendres, marqué du sceau de la pénitence et de l’entrée dans le Carême. Carême qui pour les chrétiens conduit à la transformation, à la conversion. Invitation à la sobriété heureuse, ce moment de changement de comportement nous aide à réfléchir à l’amour de l’autre et à notre liberté tournée vers son accueil.

N’est-il plus beau moment que ce renouveau pour parler de paix ?

Qu’en pensent les festivaliers ?

 

Si beau

P1080150L’été venu, la ville de Sarrebourg et particulièrement son maire, amateur d’œuvres d’art, exposent en plein air des sculptures d’artistes de haut niveau. C’est ainsi que nous avions découvert le si beau travail d’Elisabeth Cibot. Les souvenirs photographiques représentent François Mitterand, Jules Verne et le capitaine Nemo, Charles et Yvonne De Gaulle, l’Attente, l’Heure bleue et une Maternité, tout un éventail figuratif qui met en scène les personnages dans une posture vivante, dynamique et valorisante. Cette exposition lui valut une acquisition par la municipalité.

V’là t’y pas qu’à Calais, hier, des vandales s’en sont pris à la statue grandeur nature du Général De Gaulle et de son épouse Yvonne Vendroux, née à Calais. Toute souillée d’un rouge vif, on lit ce graffiti « NIK LA FRANCE ». Il est vrai que cette malveillance survient en marge d’une manifestation souhaitant défendre la situation des migrants. On comprend mal en quoi le fait de salir et de niquer la statue du général, de surcroît président des Français jusqu’en avril 1969, fait valoir davantage la cause de ces personnes.

La France le sait-on est une terre d’accueil depuis fort longtemps, l’hospitalité fait partie de son art de vivre et sa mise en pratique de la fraternité !

Insulter les Français à travers des gestes déplacés serait-il la meilleure façon de s’exprimer ?

Qu’en penserait Auguste Rodin ?

 

 

Devise

Liberté

Liberté

Egalité

Egalité

Fraternité

Fraternité

A Metz, pour célébrer la nouvelle année 2016 et porter les vœux de l’équipe municipale, la devise de notre République vit disséminée, éparpillée sur des panneaux publicitaires JC Decaux .
Nous sommes invités dans un jeu de l’oie tout au long des rues à reconstituer la devise républicaine : Liberté, Égalité, Fraternité codifiée suivant nos trois couleurs bleu, blanc, rouge.
Cela astreint à réfléchir à ces trois mots qui trouvent leurs fondements dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, les articles premiers disent :
– Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune (1789)

– Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. (1948)
Que chacun identifie la portée de cette devise et l’unité qu’elle exige de chacun afin de la faire valoir au quotidien, n’est-ce pas là une bonne idée des souhaits communaux ?
Qu’en pense le citoyen badaud ?