Scénographie ou musée du Rimb

Le musée dédié à Arthur Rimbaud se tient dans le Vieux-Moulin de Charleville-Mézières, construit au 17è siècle, tout comme les pavillons de la Place Ducale. On a gardé les murs et restructuré entièrement l’espace intérieur révélant ainsi une surprenante surprise scénographique. La porte poussée et franchie, on déboule dans un couloir exigu où siège l’hôtesse d’accueil. Muni d’un billet et du carnet de damné d’un itinéraire, on nous enjoint de gagner le grenier par un ascenseur, en panne ce jour-là. Trois escaliers métalliques à claire-voie, plus loin, nous y voilà. Sur l’idée qu’il faut être « rendu au sol, avec un devoir à chercher, et la réalité rugueuse à étreindre ! » tout comme Rimbaud dans Une Saison en enfer ; nous aurons donc à redescendre dans trois espaces :« rêveries », « révolutions », « voyages » dont nous aurons pris soin de détacher « quelques [hideux] feuillets » des carnets fixés au mur, faisant office de cartels. Vous l’aurez compris tout est dans le concept, ce sont des initiés qui parlent à des initiés. De démarche pédagogique et didactique que nenni ! On vous avait prévenu, il faut chercher ! Pauvres enfants, jeunes, adultes venus découvrir Arthur, sa vie et son œuvre. Enfin par ésotérisme, face au buste d’Arthur le voyant, vous entrerez dans le cabinet de magie noire qui recèle de trésors : malle, encyclopédies, cartes, photographies d’Afrique…, le non connaisseur n’y pipe rien. Puis promptement, on emprunte une passerelle qui nous met en présence de la cage d’ascenseur pompeusement nommée « wasserfall » une chute d’eau qui engloutit les arches sous lesquelles coulent la Meuse. Au-delà, dans le jardin, un embarcadère suggère l’idée du Bateau ivre qu’il vous reste à prendre pour faire bonne mesure et en finir avec le concept. Rimb, par dérision, écrirait « abracadabrantesque ! »

Courrier de lecteur de la Beuquette  suite à leur visite du musée, ci-dessous

Chère beuquette 24 avril

 

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2 commentaires

  1. Mon avis sur ce musée n’est pas positif, Vue du Mont ! Autant le Musée de l’Ardenne et la Maison des Ailleurs sont des expressions majeures de culture, autant la rénovation du Moulin a peu de sens à mes yeux. Du côté positif, il y a l’ouverture du grenier, l’escalier qui permet de redescendre et le réaménagement général de l’île. De l’autre côté, il y a, en vrac : la suppression du superbe plancher de la pièce tout en haut, ce bloc rectangulaire de placo qui traverse et occupe toutes les pièces, de haut en bas, la sortie qui ne coïncide pas avec l’entrée, la minuscule et presque vide pièce des manuscrits originaux … et ce fameux promontoire aux murs élevés, dont la barrière est un mètre en retrait de l’extrémité de la construction, un promontoire qui limite la vue ! En bref, à mes yeux, un placage d’idées qui ne font pas sens et un manque d’humilité caractérisé en face de l’histoire de Charleville … bien peu inspiré de Rimbaud ! Merci bien pour cet article, malheureusement pas enthousiaste, Vue du Mont !

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