Tendresse

Avec l’aimable autorisation de son auteur, l’écrivain Yanny Hureaux pour sa « Beuquette » de samedi 23 avril 2016.

La tendresse

Ardennais exilé à Reims, René Bourgain m’a adressé le chaleureux hommage que dans Le Figaro , Eric Neuhoff a rendu récemment au fameux et facétieux dialoguiste Michel Audiart. M. Bourgain y a souligné ce passage:  » Plus sensible qu’Audiart, ça n’existait pas. Un de ses regrets était de ne pas avoir été fleurir la tombe de la mère de Rimbaud à Charleville-Mézières. » Vous avez bien lu ? Non pas la tombe de notre Arthur, mais celle de sa maman qu’il a traitée de « Mère Rimbe » et de « Bouche d’ombre » . Comment ne pas saluer la tendresse de Michel Audiart pour Vitalie Cuif, cette paysanne de Roche que son mari, le capitaine Rimbaud, plaqua du jour au lendemain, la laissant seule à Charleville avec quatre enfants en bas âge, Frédéric, Arthur, Vitalie et Isabelle ? Exilée dans une ville où pour sauver la face elle se déclara veuve, arrimée au Bon Dieu et à des principes d’éducation de son temps , elle se dévoua corps et âme à ses deux fils et à ses deux filles autrement plus sages que leurs deux tumultueux frères. Ignoble cette « Mère Rimbe » qui s’empresse de se rendre à Londres où Arthur désespéré , l’a appelée au secours ? Sans coeur cette « Bouche d’ombre » ? Avec quelle compassion elle écrit à Verlaine prétendûment au bord du suicide !  » Se tuer quand on est accablé par le malheur est une lâcheté. (…) Moi aussi, j’ai été bien malheureuse. J’ai souffert, bien pleuré, et j’ai su faire tourner toutes mes afflictions à mon profit. Faites comme moi, cher Monsieur, soyez fort et courageux ! » Yauque, nem !

Yanny Hureaux

 

 

 

Publicités