Fumetti

Fumetti en italien, comics aux Etats-Unis et bandes dessinées en français, voilà trois mots pour parler du même art, le dessin dans les bandes horizontales ou verticales ou encore des planches du format de la page du journal ou du magazine. L’âge d’or dans la presse se situe entre 1946 et 1975. Le journal était le média prépondérant, la télévision n’avait pas encore entièrement pénétré les foyers. Ce type de dessin prend aussi le nom de strips. Ce sont souvent des bandes muettes parfois à bulles ou encore à gags avec des dessins portant sur le comique de situation. Cependant, il y a eu durant longtemps des adaptations de romans avec un texte sous l’image. Le prix de revient d’une bande dessinée représente un coût important pour la présenter dans un journal aussi des agences de presse se sont créées pour vendre du matériel dessiné auprès des organes de presse.

Les agences de presse

C’est sur le principe des « syndicate » américain que se sont fondées les agences françaises et européennes. Dans l’image de la bande dessinée, on distingue le copyright qui indique l’agence qui dispose des droits de diffusion et de reproduction avec le ©. De nombreuses agences ont existées, on peut citer par exemple Opera Mundi. Dans sa chanson Mailou sous la neige, Serge Gainsbourg a écrit :

De ma Lou en bandes dessinées je / Parcourais les bulles arrondies / lorsque je me vis exclu de ses jeux / Erotiques j’en fis une maladie

Marilou se sentait pris au piège / Tous droits d’reproduction interdits / Moi naïf j’pensais que me protégeaient / Les droits du copyright opera mundi

Pour la France :

ACP (agence centrale de presse), Arts Graphiques Presse, créée et dirigée par Marciac (1950-1966), les auteurs réunis (1960-1969), Graph-lit dirigé par François Bogor, I.M.P. Inter monde Presse crée en 1959 par Jacques Bloch-Morhange, Gilbert Genas et François Gratier, Opera Mundi fondée par Paul Winkler (1928-1990) devenu Agepresse, SDDF, la société de diffusion de dessin français devenue Paris Graphique, presse service magazine, presse-sports (créée pour l’Equipe), Scoop Agency (créée pour France Soir)

Les autres agences :

PIB, presse illustration bureau, agence danoise pour diffuser Ferdinand ou Hagär Dunor), Swan Feature Syndicate pour les Pay-Bas, IFS, agence bruxelloise et International Press, agence belge, Mondial Press créée en 1956 par Cino Del Duca, UFS, United Feature Syndicate (Les peanuts) et King features syndicate, toutes les deux agences américaines.

Les éditeurs : Casterman, Dargaud, Dupuis, Le Lombard pour citer celle de cette époque.

Les dessinateurs et leurs dessins

Pour alimenter ces agences, il y eut de nombreux dessinateurs et une grande partie de leurs originaux sont souvent perdus, les agences pour une très grande partie étant disparues. On repère encore assez facilement UFS et KFS sur des produits qui ont aussi évolué.

Opera Mundi

Paul Winkler né en Hongrie en 1898 dans un milieu aisé suit la faculté de lettres de Budapest, il fait de l’escrime et de l’équitation, il parle couramment français, anglais et allemand. Il s’installe à Paris en 1922, reprenant l’idée du « syndicate » américain, il fonde Opera Mundi, représente en France King Features Syndicate et diffuse ainsi Mandrake, Flash Cordon, Mickey Mouse, Felix The Cat. Il s’associe à Hachette pour lancer le Journal de Mickey en 1934. Il vend du matériel dessin pour Opera Mundi. Il démarche la presse française et européenne en présentant le travail dessinateur maison. L’Agence devenue Agepresse de 1983 à 1987, cesse définitivement ses activités en 1990. Paul Winkler dirigea France Soir jusqu’à son décès en 1982. Son influence en matière de Bande dessinée est essentielle. C’était un homme d’affaires avisé, il figure parmi les artisans du 9e Art.

EPSON MFP image

Dessinateur Bozz, Monsieur Subito

Pour citer des têtes d’affiches de l’agence, Opera Mundi a montré le personnage de Monsieur Subito dessiné par Bozz, pseudonyme de Robert Velter (1909-1991). Subito présente un humour anglo-saxon absurde, il s’agit d’une bande muette, elle représente le classique du genre.

EPSON MFP image

Sous pseudonyme J.Darthel, Le professeur Nimbus

L’agence a aussi présenté le professeur Nimbus qui sera dessiné par Bozz, André Daix (1905-1976) qui crée le personnage, Lefort puis Pierre Le Goff (1932-) mais sous la signature de J. Darthel. C’est un pseudo collectif imaginé par Paul Winkler pour faire vivre le professeur Nimbus dans le temps.

Lefort - Nimbus.jpg

Lefort – Nimbus

 

EPSON MFP image

Pierre Le Goff – Nimbus

EPSON MFP image

Nimbus sous signature Darthel

La profession a évolué et s’est organisée, reste les agences américaines, les grands éditeurs. Beaucoup de journaux, de magazines, de revues font appel à des dessinateurs maison ou bien sont démarchés par des agents d’illustrateurs. Le dessin d’humour a perdu beaucoup de place au sein des journaux tout comme le dessin politique qui se retrouve essentiellement dans des produits spécialisés comme Charlie Hebdo ou Le Canard Enchaîné. Mais il faut aussi voir une forte évolution de l’humour, le comique de situation est moindre alors que la caricature, le dessin de presse ont pris le dessus. Bien qu’ils ne soient pas toujours à la hauteur.

Publicités