Ardennais

Dans une récente beuquette, l’écrivain ardennais, Yanny Hureaux,  célèbre Verlaine.

Rappelons que Paul Verlaine, ardennais par son père (Ardenne belge), fit un passage arrosé avec Rimbaud et Bretagne, à Charleville, pour passer nuitamment avec le jeune Arthur, en rase campagne, la frontière franco-belge, en juillet 1872. Mais son passage est marqué aussi, par sa présence à Rethel, comme professeur à l’institution Notre-Dame de 1877 à 1879. Juniville l’a vu faire un retour à la terre, de 1880 à 1882. Après avoir liquidé la ferme de Juniville, il s’installa dans la ferme Marval à Coulommes de 1883 à 1885. En 1885, il vend cette ferme pour retourner à Paris, où il décédera le 8 janvier 1896.

Une grande ferveur

Dimanche dernier , en l’église Saint-Rémi de Charlestown où Rimbaud fut baptisé, fit sa première communion et subit un office funèbre de première classe, un hommage d’une grande ferveur religieuse a été rendu, non pas à notre Arthur mais à celui qui fut un temps son sauvage et diabolique amant. A l’issue de la grand-messe, en présence de nombreux paroissiens visiblement émus, le Père Di Lizia a béni trois oeuvres d’art portant chacune le titre d’un recueil poétique de Paul Verlaine : « Sagesse », « Amour » et « Bonheur ». Le célèbre peintre ardennais Hubert Pauget les a conçues dans des tapis décoratifs dont il a extrait la laine avant de les traiter avec des bombes de peinture ! Il s’en dégage un fabuleux chatoiement de couleurs empreint d’une captivante poésie. Suspendus à un mur de l’église, ces tapis extraordinaires sont verlainiens au possible. Comment pourrait-il en être autrement quand on sait la passion que Hubert Pauget voue au poète ? L’emprise de ce que l’on est en droit de nommer « une communion » a imposé à l’artiste de choisir une date symbolique pour offrir à son cher Paul l’offrande d’une bénédiction dans la ville natale de Rimbaud. Dimanche dernier, 10 janvier 2016, correspondait pile au cent-vingtième anniversaire de la célébration des obsèques de Verlaine, à Paris. Qu’en pense le vénérable Père Vincent Tanazacq, cet archidiacre parisien originaire de Maubert-Fontaine ? Lui, chaque 10 novembre, il s’en vient bénir la tombe de notre Arthur, le jour anniversaire de sa mort ? Yauque, nem !

 

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