A la musique (ter)

Le petit Paul Verlaine courait, bien vite sur l’Esplanade, écouter la musique donnée par le 2è génie, des fantaisies sur des opéras d’Ambroise Thomas, un autre messin. Il était tout émoustillé par les toilettes, la soie, le satin, les moires des dames et les plastrons, les épaulettes d’or des militaires. Dans sa jeunesse, il fut librettiste d’opérettes avec Fisch-Ton-Khan ou Vaucochard et fils et collabora avec Emmanuel Chabrier qui disait de la musique de Thomas qu’elle est légère, facile et mélodieuse. Ce serait sans dire les ariettes oubliées, celles de Favart, rappelées par Arthur Rimbaud. Il a pu connaître à Paris son compatriote, Gabriel Pierné, né à Metz qui avait comme lui choisi la nationalité française. Une affreuse époque lointaine. L’époque a changé, les nouvelles toujours aussi maussades.
Pourtant, il suffit d’un peu de musique. Le chœur de l’opéra-théâtre, ce mardi, offrait à voir six belles en toilette, au décolleté pigeonnant, trois messieurs en jaquette et à entendre un répertoire musical de comédies : soli, duos, et enfin tutti, telle une prière s’envolait « C’est l’amour qui flotte dans l’air à la ronde, c’est l’amour qui console le pauvre monde, c’est l’amour qui rend chaque jour la gaîté, c’est l’amour qui nous rendra la liberté ».
Cœurs lumineux loin de la grisaille. La musique n’adoucit-elle pas les mœurs ?
Qu’en pensent les saltimbanques ?

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