Couleurs

Ce soir, la place jaune entre la Lanterne, Fabert, le Parlement et la Maison de tous aux mêmes couleurs que le pavillon au fruit d’or s’emplit de milliers serrés, dignes et ensemble. Un voile noir ensevelit la foule dans l’espace et dès lors, de ces milliers de cœurs chauds, s’élève le chant de la révolte, dans un ralliement à la bannière et à la devise. Fil ténu, toujours discuté mais toujours défendu, tant il transcende les âmes, comme ce jeune capitaine* du jour du « fameux dîner de Metz ». Loin de la fusillade du Champs-de-Mars, du dix-sept juillet 1791, nous sommes un sept janvier 2015, rue Nicolas Appert dans le onzième, tôt le matin, dans l’azur blanc, rouges les crachats mêlés à l’encre de chine des plumes brisées des suivants de Daumier, onze y perdent violemment la vie!

Oui, Dieu est plus grand mais Dieu est un être d’amour et non un roi sanguinaire. Pourtant, la faucheuse en ramasse six, d’autres confessions, dans le magasin à l’enseigne de David.

Le Croissant, la Croix et l’Étoile ne peuvent-il pas vivre dans le respect mutuel que tous les frères humains de cette terre se doivent, même avec des différences, pour vivre au plein jour, leur Liberté, ce bien commun ?

Qu’en pensent Monnier, Grandville, Gavarni, Cham, Doré, Gill, Valloton, Jossot, Forain, Roubille, Capy, Léandre, Sem, Delaw, Grandjouan, Kirchner, Sogglow, Peter Arno, Steig, Maurice Henry, Folon, Chaval, Mose, Steinberg, Bosc, André François et leurs successeurs ?

*La Fayette

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