Le pendu à la balançoire

Le pendu à la balançoire dessin de Bosc

Le pendu à la balançoire
dessin de Bosc

Ce dessin de Bosc reste fort irrévérencieux par son contenu et ne laisse pas de place à la compassion.

Le dessinateur économise ses paroles et son trait, comme le scalpel du chirurgien. Le trait ascétique de Bosc joue à contourner la forme, l’économie réalisée mobilise jusqu’au blanc du papier pour exprimer l’essentiel.

Là, une mise en scène cruelle se révèle dans un décor plus que sobre : à la branche d’un arbre, si peu vivant, Blaise, le Boscave, son personnage filiforme à long nez, s’est pendu à l’une des cordes de la balançoire d’un enfant en larme découvrant son jouet détruit.

Quelle déconvenue, tout un antagonisme présentant la tristesse de l’enfant sans complaisance pour le pauvre pendu désespéré de la vie.

Taciturne plus que triste, Bosc nous offre la drôlerie dans ses histoires cruelles et même sa conversation, nourrie de silences, fait résonance à son travail le plus souvent sans paroles et sans légende qui lui confère ce caractère universel permettant ainsi à sa production d’être lue dans le monde entier.
Cet humoriste noir réserve ses flèches à la bêtise, aux militaires, aux flics, aux religieux, aux brutes, aux bourreaux, aux riches, aux puissants ou à ceux qui en prennent l’outrageuse apparence.

Dans un petit rectangle de quelques centimètres sont concentrés une satire sociale pleine d’ironie, une chronique comique du monde. Il dénonce les petites et les grandes lâchetés, les absurdités, les petitesses, l’aspect moutonnier et grégaire, les travers de l’homme. Bosc excelle à nous montrer le Boscave qui passe sa vie à défiler derrière un général, dans un cortège funèbre, dans un orphéon.

Après son retour de la guerre d’Indochine dont il ressort affaibli, en 1952, Bosc monte à Paris les bras chargés de 50 dessins qu’il présente à Paris Match. Huit jours plus tard, avec l’assentiment de Raymond Castans, il décroche une page entière dans le n° 193. Sa collaboration durera 17 ans avec cet hebdomadaire. Son succès est immédiat et il devient l’un des maîtres du dessin d’humour noir en France.

Né le 30 novembre 1924, à Nîmes, la jeunesse de Jean Maurice Bosc se déroule à Aigues Vives dans la propriété familiale, ses parents sont vignerons. Il obtient son CAP de tourneur ajusteur.

1958, prix Emile Cohl pour le film d’animation « Le voyage en Boscavie » en première partie du film de Jacques Tati « Les vacances de Monsieur Hulot »
1965, grand prix d’humour du magazine Lui pour son dessin « Mon château…mon cul ! »
1970, XIVè grand prix de l’humour noir Granville pour son album « Je t’aime »
1972, prix d’humour de la ville d’Avignon

Après vingt cinq années de lutte contre la maladie, Bosc met fin à ces jours à Antibes le 3 mai 1973.

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