Anniversaire

Arthur Rimbaud, dessin de Félix Valloton

Arthur Rimbaud, dessin de Félix Vallotton

Le 20 octobre 1854, est né à Charleville dans les Ardennes Jean Nicolas Arthur Rimbaud. Il y a 160 ans. Lors de sa fugue d’octobre, en 1870, qui le mena à Douai, il  trouva probablement un moment de bonheur intense. Sa poésie d’alors, exprime ce rayonnement. Izambard, les sœurs Gindre et le poète Demeny ont dû lui fêter l’anniversaire de ses seize ans.

Arthur Rimbaud a choisi dès le début le thème de l’évasion et donc de « la liberté libre ». Ver erat (C’était le printemps) témoigne de cette évasion dans la nature, son lieu de ressourcement.
L’évasion se trouve, par exemple, dans Sensation, Le Bateau ivre, Éternité, Une saison en enfer où il écrit « Je m’évade ! Je m’explique ! ».
C’est encore de liberté dont il rêve sur son lit d’hôpital à Marseille, en 1891 ; plein de nostalgie, il regrette les courses de sa folle jeunesse par monts et par vaux. Il s’agit bien toujours du même Rimbaud : la même unité dans sa vie et son œuvre littéraire.
Cette liberté, il la représente à travers la saison, une métonymie, en particulier le printemps et le mois de mai, mois de son énergie la plus dense.
Dans ce mois de mai 1871, il écrit, il précise son esthétique poétique, à travers les lettres du voyant et il se recrée dans la révolution politique à travers les événements de la Commune. Mais le 30 mai c’est fini, alors il fournira  Après le Déluge et Démocratie.

L’ennui se révèle être une constante dans sa vie, ainsi sa sœur Vitalie note « Arthur s’ennuie… » dans son journal lorsqu’elle est à Londres. Quand Arthur est à Roche, il s’ennuie, quand il est à Charleville, il s’ennuie. Plus tard, à Aden, il souhaite rejoindre Zanzibar, un autre ailleurs. L’ennui se retrouve cristallisé dans Jeunesse et Arthur exprime sa nostalgie dans Enfance et Mémoire. Arthur Rimbaud est en recherche d’ailleurs dans l’espoir de trouver moins d’ennui. Le motif se lit dans Adieu et Départ.

Il se veut voyant ; il ne s’agit pas d’ésotérisme mais d’un travail sur les mots dans le creuset de l’ Alchimie du verbe. L’obscurité de certains vers offre un langage dédié à la subversion tout empreint de mots à double sens.

Le Parnasse lui a fermé ses portes ; son ambition est mise à bas par ses colères, ses sarcasmes, ses violences dont il était coutumier, alors qu’il savait être tout en réserve, en silence, en absence. Tel il fut au collège, tel il fut en Afrique.

Désespéré,  il avait mis toute son espérance dans la poésie pour changer la vie ; mais il s’en sépare sans regrets pour un autre ailleurs, dans une fuite qui le conduira en Europe puis en Afrique ( « Ma journée est faite ; je quitte l’Europe. », Une saison en enfer).

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