Pissotières

1834, le Comte Rambuteau, soucieux du bien-être, de la bienséance, réserva des lieux d’aisance gratuits pour des passants pressés de « lâcher l’âcre besoin ». Des vespasiennes poussèrent dans nos villes. Zola résumait leur usage : « On barde de fer les urinoirs, on crée des refuges blindés aux amours monstrueuses… »
Faite de parois en fonte pour préserver l’intimité, cylindrique, avec un éclairage au gaz, la « Ginette » ne laisse voir des messieurs que les pieds, bien souvent éclaboussés !
Espace de rencontre, les homosexuels apprécient la commodité des « tasses », tout comme des prostituées y officient. On en suit le parcours de l’île du Saulcy à la place Mazelle en passant par Bon Secours.
Les effluves et sujet de perversion à la morale mirent fin à ces édicules pour les remplacer par des sanisettes payantes. Elles sont 20 à Metz ; désormais, une colonne d’affichage toilettes est accessible pour tous, pipi et caca. Occupé ! pressé par la nature ou désargenté, il faut se rendre au café le plus proche ! On aurait tort de croire que la sanisette a mis fin au détournement ; l’alarme automatique se déclenchant après 20 minutes, cela offre un délai suffisant pour assurer une passe.
Vespasien disait : « Pecunia non olet ! » (l’argent n’a pas d’odeur).
Qu’en penserait Marcel Duchamp ?

 

Publicités