Le dessin polisson mais si tendre

harvec

J »ai choisi de vous présenter un dessin gaulois, signé André Harvec ; signature particulière puisqu’ après la typographie de son pseudonyme suivait une toile où était suspendue une petite araignée, qui permettait de limiter partiellement le cadre du dessin. Il fut l’un des artisans, par sa fécondité, du dessin grivois en France. Ce genre courut beaucoup dans les pages des journaux comme Marius, Le Hérisson. Il est le témoin d’une époque où la légèreté d’après-guerre était un signe de bonne santé concernant la gaillardise, la bagatelle, les galipettes, la gaudriole et qui donnait naissance à un rire gras mais salvateur.
Témoin de la joie de vivre de cette époque miraculeuse des Trente Glorieuses, en cohérence avec à la fois les histoires des chansonniers, du théâtre de Vaudeville et d’histoires de cocus.

Ainsi, dans un dessin bien léché, en noir et blanc, où l’on reconnaît sa patte et sa façon de dessiner ses personnages, avec Lui, toujours un peu dans ses rêves, jamais bien éveillé et Elle, un canon féminin, souvent brune, à la poitrine et aux courbes généreuses, Harvec nous donne à voir un dessin polisson et coquin.

Ainsi, nous sommes dans un appartement, dans le courant de la soirée. On y voit un couloir avec pour tout décor un cadre avec une peinture moderne. De part et d’autre de ce couloir, sur la gauche, on découvre en partie une chambre. Le dessinateur l’a ainsi signifiée au moyen d’un lit, de l’abat-jour d’une lampe de chevet et d’un cadre au-dessus de la tête de lit d’une peinture supposée érotique.
Dans le lit, dressé d’oreillers profonds et défoncés, Elle est assise, dans une pose lascive. Nue, brune aux cheveux longs et bouffants, aux yeux en amande avec un joli minois, une bouche aux lèvres pulpeuses, la poitrine voluptueuse, les tétons dressés tels des lances, sa taille fine et la courbe de la naissance de ses fesses, son fin poignet habillé de bracelets rappelant une reine de Sabbat, elle tire avec légèreté les draps sur elle.

Sur la droite du couloir, Lui entrouvre la porte sur une salle de bain dont on devine une vasque, un tabouret et un miroir. Monsieur passe à la salle de bain après ses ébats avec la belle dame.
Les cheveux ébouriffés, les yeux écarquillés, les lèvres pincées, pataud dans un pyjama trop grand et trop large pour lui, il tourne son visage surpris et décontenancé vers la chambre d’où sa maîtresse s’écrit avec frivolité :

-Si mon mari te surprend avec son pyjama, tu risques de passer un mauvais moment !

André Harvec, de son vrai nom André Hervé, est né à Saint Nicolas de Redon le 3 juillet 1918.

Lithographe de formation, il débute dans le dessin d’humour en montrant un numéro dessiné au Théâtre des Armées.

Après guerre, il enchante les colonnes du journal l’Echo illustré devenu par la suite l’Echo magazine avec lequel il aura une collaboration de 40 ans.

Il fournit beaucoup de dessins d’humour, présentant des situations humaines, pour France Soir, France Dimanche, Ici Paris, Le Hérisson, Marius, Jours e France, The Daily Miror, Die Welt, Le Soir.
Pour France soir, il réalise les dessins des jeux des 7 erreurs.

De son trait bien à lui, d’autant plus identifiable grâce à sa signature, il est aussi l’auteur de la bande dessinée Bob Flapi et le comic strip Alban.

Dessinateur de couvertures érotiques fin 1970, début 1980 pour la série Lord Bionic de Jo Barrack aux éditions de l’Enclos, je recommande pour mieux le connaître « En suivant le crayon de …A.Harvec chez Casterman.

Bonne recherche et bonne lecture.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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