Bleu

Faire bleu, sécher les cours, voilà ce qu’Arthur Rimbaud fera dès l’été 1870. Trois ans plus tard, il écrira la Saison en enfer. Dans Adieu, il témoigne de sa souffrance : « …je suis rendu au sol, avec le devoir à chercher, et la réalité rugueuse à éteindre… »

Les étudiants de Martin Steffens désertent certainement peu les cours de leur professeur de philosophie, tout attentifs à son enseignement. Dans un nouvel essai, La vie en bleu, chez Marabout, il nous offre à réfléchir sur le paradis des épreuves. Pour lui, l’enfer ce n’est pas les autres mais c’est notre propre enfermement qui doit être remis en cause par l’ouverture à celui qui est proche. Il s’agit donc d’écouter la souffrance du prochain dans le silence, seule posture adaptée.
Bien sûr, l’épreuve constitue un lot quotidien de petits désagréments dont nous devons nous accoutumer avec patience. Mais aussi, l’épreuve se révèle grave et douloureuse. Martin Steffens propose de l’accueillir pour s’y abandonner et consentir ainsi à la vivre. Préoccupé par la condition humaine, avec des mots et des exemples simples, ce chrétien nous invite à avoir le sens de la vie.
Le poète qui éprouva d’autres bleus dans son âme et dans sa chair, qu’en penserait-il?

 

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