A la Musique

Dans son Metz enfantin, sur l’Esplanade, à bientôt sept ans, le petit Paul minaudait avec sa blondinette amoureuse Mathilde, poussant devant eux un cerceau. Ils se hâtaient, les jeudis après-midi, aux concerts donnés par le 2e Génie. De l’estrade s’échappaient les valses, les polkas, les fantaisies et parfois le chant national. Tout autour, le Tout-Metz s’y donnait rendez-vous ; alors, rivalisaient les élégantes dans leurs toilettes, « shalls de cachemire », bavolets, coups d’éventails avec «  les pantalons à bandes rouges et liserés noirs des militaires, de coutil des citadins » et « brandissage du lorgnon ».
Premiers émois pour ce Paul malicieux : amour, beauté, sensualité, musicalité et patriotisme.
Aujourd’hui, plus de kiosque sur l’Esplanade. L’orphéon municipal convoque le public sous les frondaisons des tilleuls parfumés, le 14 juillet. Jeans, sweat-shirts, tailleurs et lunettes noires s’y côtoient dans la communion du jazz, de la variété, des standards et de la Marseillaise, couverte d’une pétarade de pétards de prétendus patriotes.
La musique adoucit les mœurs, dit-on ! Quésako : un manque de savoir-vivre, de respect, d’éducation ? Qu’en dirait le Pauvre Lélian ?

 

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